Une biographie qui se lit comme les meilleurs page-turner, ça ne se refuse pas ! Dans son autobiographie, Eric Losfeld (1922-1979) égrène ses souvenirs d’éditeur et déroule une éblouissante distribution dans laquelle apparaissent les grands noms du surréalisme (notamment André Breton, à qui Losfeld doit beaucoup) mais aussi du cinéma et, bien sûr, de la littérature. Il fut surtout connu pour avoir donné à lire des joyaux de la littérature érotique, à l’époque où celle-ci était traquée par une censure imbécile (et Losfeld en livre quelques savoureuses anecdotes). Il fut à l’origine d’Emmanuelle et de Barbarella, deux phénomènes littéraires, cinématographiques, culturels voire sociologiques, qui ont quelque peu occulté un patient travail de défricheur moins préoccupé par la rentabilité de ses parutions que par la qualité des textes publiés. Certes, Eric Losfeld a vu passer les millions, dont beaucoup ont été engloutis dans ses nombreux procès. Mais s’il fut riche, c’était d’amour, d’intransigeance et d’une haute idée qu’il se faisait de la littérature et du rôle de son accoucheur : l’éditeur. A ce titre, Endetté comme une mule est une lecture absolument nécessaire car, de la première à la dernière ligne, elle nous tire vers le haut. Et, en plus, c’est passionnant.

> Disponible au 2e étage, rayon « Documentaires » (070.92 LOS)